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Mercredi 21 mai, 16 heures, Paul Jacquet, administrateur général du groupe Grenoble INP ouvre la Fête des Thèses 2008. « C’est un moment extrêmement intéressant, qui illustre l’investissement de tous les personnels et des doctorants de notre groupe. Récompenser la recherche est important pour nous. Etablissement d’enseignement supérieur en ingénierie, nous considérons que ces enseignements ne peuvent être efficaces qu’en s’appuyant sur un socle de recherche solide. Valoriser les jeunes docteurs, c’est également connaître leur évolution professionnelle depuis l’obtention de leur thèse. Dans notre pays, 60 % des diplômés de niveau master sont des ingénieurs. Il est fondamental, pour l’avenir du potentiel de recherche et développement français d’inciter les plus talentueux de ces ingénieurs à tenter l’aventure passionnante de la thèse ».
Paul Jacquet est ensuite revenu sur le processus de sélection des 13 lauréats. « Un jury d’industriels et de scientifiques a étudié toutes les candidatures. Et la sélection a été très forte, puisque seuls 13 de nos 200 docteurs diplômés ont été retenus. Nous leur remettons un exemplaire relié de leur thèse, ainsi qu’un chèque de 1500 euros ».
Jean-Charles Joud, directeur du collège des masters et des études doctorales du groupe Grenoble INP, a tenu à remercier tous les industriels et partenaires institutionnels qui ont accepté de parrainer les lauréats.
Les nouveaux métiers des technologies solaires
Place ensuite à Philippe Malbranche, chercheur au département des technologies solaires du CEA Liten, pour une conférence sur les technologies solaires et les nouveaux métiers. Nos sociétés se caractérisent aujourd’hui par une utilisation excessive d’énergies fossiles (près de 90 % des ressources énergétiques utilisées aujourd’hui), alors qu’elles sont loin d’être inépuisables. Dans quelques dizaines d’années, l’humanité devra valoriser les énergies renouvelables qui, elles, sont quasi inépuisables. Même si elles sont intermittentes donc difficiles à maîtriser. Le soleil est la ressource énergétique naturelle la plus répandue sur le globe. Deux filières de valorisation de cette énergie existent aujourd’hui :
- la conversion thermique, soit sous forme de panneaux solaires alimentant des chauffe-eau dans les habitations individuelles, soit dans des centrales thermiques solaires, cette technologie étant en plein développement (avec des centrales expérimentales comme Themis en France dans les Pyrénées-Orientales). Des centrales produisant plusieurs gigawatt sont en chantier dans le monde, en particulier dans le Nevada (aux Etats-Unis) et en Espagne ;
- l’énergie photovoltaïque, utilisée d’abord pour alimenter en énergie les satellites, elle s’est répandu dans le grand public (pose de panneaux solaires dans les jardins ou sur les toits pour fabriquer de l’électricité) et dans les entreprises. Les deux plus grands marchés mondiaux concernent l’électrification des zones rurales dans les pays en voie de développement, et le couplage avec des sources d’énergie fossiles pour la production d’électricité dans les pays développés. Ce marché est extrêmement dynamique, avec plus de 50 % de croissance par an ! Les performances économiques annuelles dépassent en général les prévisions les plus optimistes. Et avec l’augmentation actuelle du prix du baril de pétrole, la situation n’est pas prête de changer… D’un point de vue technologique, quels que soient les matériaux utilisés, des progrès sont encore à faire pour améliorer l’efficacité énergétique. Même si le solaire reste une source d’énergie plus chère que les énergies fossiles, des recherches sont menées pour réduire les coûts de conception, d’intégration architecturale (c’est-à-dire d’intégration des cellules photovoltaïques dans les panneaux solaires) et de transformation de la lumière en électricité. Dans tous les cas de figure, l’Europe reste compétitive, malgré une main d’œuvre plus chère qu’en Asie, puisque les principaux coûts sont liés aux technologies de conception et d’industrialisation. Ces dispositifs sont rentables à long terme : la fabrication d’un panneau solaire nécessite 1 kilowatt/heure, et génère tout au long de sa vie entre 5 et 10 kilowatts/heure par an.
A l’heure actuelle, le Japon et l’Europe sont les deux plus importants marchés mondiaux. Mais les marchés asiatiques sont en plein « boom », en particulier la Chine et dans une moindre mesure l’Inde. Les fabricants de panneaux solaires sont des entreprises jeunes, le leader mondial ayant été créé en 2002. Chaque année, de nouvelles sociétés apparaissent développant des technologies innovantes.
Avec ces nouvelles technologies et un marché en croissance, de métiers se développent dans l’ingénierie des matériaux, la conception des cellules photovoltaïques et des panneaux solaires, le stockage de l’énergie, les tests thermiques, les tests sur bâtiment, la construction de bâtiments de démonstration, et la conception de solution de convergence entre le bâtiment et les transports. Ce marché de l’emploi dynamique bénéficie également des potentialités économiques fortes liées aux nouvelles contraintes réglementaires. Ainsi, par exemple, l’Union européenne s’est donnée comme objectif que tous les bâtiments, en 2020, devront être à énergie positive, c’est-à-dire générer plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Les enjeux scientifiques, technologiques et environnementaux sont énormes et les progrès technologiques permettront, dans un proche avenir, de répondre positivement à ces défis, grâce aux surfaces de toiture disponibles pour l’installation de panneaux solaires, et à la conception de façades dites intelligentes, qui valorisent l’ensoleillement.
And the winners are…
« Je remercie mon directeur de thèse et le groupe Grenoble INP », « votre travail de recherche a simplifié l’utilisation de dispositifs vidéo », « votre thèse a permis de réelles avancées dans la conception de filtres électroniques pour une utilisation simplifiée du web, du GPS et l’envoi de SMS depuis un téléphone portable », « j’ai la chance d’être à la fois un médecin et un docteur en sciences pour l’ingénieur », « je contribue à la mise au point de l’ordinateur quantique, qui remplacera un jour les PC actuels », « vos travaux de physique fondamentale sont essentiels pour la conception des matériaux d’aujourd’hui et du futur »… Les lauréats étaient heureux de voir leurs travaux récompensés. Et leurs parrains ne tarissaient pas d’éloges… Le palmarès de cette année a mis à l’honneur des parcours exceptionnels et de jeunes scientifiques talentueux dont les travaux de recherche sont sources d’avancées scientifiques et technologiques de premier plan.
13 lauréats ont été récompensés (Cliquez ici pour un profil complet) :
- M. Murat Kerem AKARVARDAR, prix de thèse en micro et nanoélectronique, parrainé par FRANCE TELECOM Division R&D, sur l’étude d’un nouveau composant électronique permettant de nouvelles applications dans la conception de circuits
- M. Alexandru CIOBANAS, prix de thèse en mécanique des fluides et transferts, parrainé par SOGREAH Consultants SAS, sur une approche innovante de la modélisation de la solidification d’alliages industriels ayant permis le développement d’un logiciel ayant de nombreuses applications industrielles
- M. Laurent CONDAT, prix de thèse en mathématiques appliquées parrainé par le groupe Grenoble INP, sur des formalisations mathématiques pour le traitement du signal et des images, avec à la clé une collaboration avec Philips Applied Technologies sur la conversion du format télé vers la télévision haute définition
- M. Pierre GENEVES, prix de thèse en systèmes et logiciels parrainé par le CEA GRENOBLE, sur le traitement des données XML ayant conduit à un dépôt de brevet et au développement de logiciels largement diffusés
- M. Guillaume GIBERT, prix de thèse en signal, image, parole et télécommunications parrainé par le CEA GRENOBLE, sur la conception du seul système d’animation d’un codeur virtuel en 3 dimensions existant dans le monde
- M. Sébastien GRAVIER, prix de thèse en mécanique, conception géomécanique, matériaux parrainé par INPG Entreprise SA, sur l’effet d’une cristallisation partielle sur le comportement mécanique des verres métalliques massifs ayant conduit à la mise au point d’un procédé de codéformation verre métallique – alliage métallique conventionnel assorti d’un dépôt de brevet aux Etats-Unis
- M. Denis JACQUET, prix de thèse en automatique, productique parrainé par Grenoble INP Alumni, sur la modélisation macroscopique du trafic routier et la mise au point d’algorithmes de gestion automatique des flux de véhicules en périphérie de ville
- M. Olivier PALOMBI, prix de thèse en modélisation pour les systèmes vivants parrainé par THALES, sur la modélisation en 3 dimensions de structures anatomiques complexes. Olivier Palombi est à la fois médecin praticien hospitalier et docteur en sciences pour l’ingénieur
- M. Simon PERDRIX, prix de thèse en systèmes et logiciels parrainé par le groupe Grenoble INP, sur des avancées conceptuelles majeures pour la mise au point de l’ordinateur quantique, un des défis majeurs du 21ème siècle
- Mlle Siriwan PERMPOON, prix de thèse en science et génie des matériaux parrainé par ARCELOR, sur les propriété superhydrophiles de films minces afin de mettre au point des surfaces autonettoyantes de nouvelle génération, avec dépôt d’un brevet mondial pour la société ARCELOR
- M. Emmanuel PISTONO, prix de thèse en optique et radiofréquences parrainé par E2V, sur la mise au point de filtres électroniques améliorant les fonctionnalités des téléphones portables (navigation Internet, envois de SMS, GPS…)
- M. Srikumar RAMALINGAM, prix de thèse en informatique parrainé par SCHNEIDER ELECTRIC, sur la conception d’un modèle de caméra permettant de reconstituer des images en 3 dimensions et de simplifier l’utilisation de la vidéo en informatique. Srikumar a effectué son cursus en Inde, puis un master en Californie
- M. Thiebaud RICHETON, prix de thèse en science et génie des matériaux parrainé par SCHNEIDER ELECTRIC, sur des avancées majeures en physique fondamentale pour la compréhension des phénomènes impliqués dans la conception des matériaux.

Contact :
Liliane di Giacomo
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